Non à la Voie Bleue à Corsier – un projet absurde, financé par les contribuables genevois, au service exclusif de Lombard Odier, contre la volonté des Corsiéroises et Corsiérois
Suite au refus du Grand Conseil, le 28 août, de renvoyer aux Conseillers d’État l’urgence 124 bis 2217a « Pétition Non à la Voie Bleue à Corsier, initiée en 2024 par l’Association Sauvons la baie de Corsier », Nous, Corsiéroises et Corsiérois, citoyennes et citoyens, associations communales et riverains, réaffirmons notre opposition à « la Voie Bleue » à Corsier-Port. En signant cette nouvelle pétition initiée par l’Association pour les intérêts de la commune de Corsier nous demandons aux Conseillères et Conseillers d’État l’abandon immédiat du projet dit de la « Voie Bleue » à Corsier-Port, ainsi que la mise en place d’une alternative véritablement durable, respectueuse de l’intérêt général et du patrimoine mondial.
1. Une atteinte directe au patrimoine mondial La baie de Corsier abrite un site palafittique exceptionnel, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon l’archéologue Pierre Corboud, spécialiste reconnu qui a étudié en détail ce site, le passage répété du bateau de fort tonnage menace directement ce site emblématique du Léman. Or, la destruction d’un seul des 111 sites palafittiques protégés entraînerait le retrait du classement UNESCO pour l’ensemble de la série. La baie de Corsier abrite un site palafittique exceptionnel, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Conseil d’État se retranche derrière un rapport du bureau Hydrique Ingénieurs mandaté par le Service cantonal d’archéologie, concluant qu’un tracé contournant le site n’aurait pas d’effet mesurable. Pourtant, Pierre Corboud conteste fermement cette conclusion et affirme que les conditions minimales de protection ne sont pas respectées. Plutôt que de prendre en compte son expertise, le Conseil d’État a choisi de mettre en doute la valeur scientifique de ses critiques. Est-il acceptable de risquer un site inscrit au patrimoine mondial pour une « phase test » de trois ans ? De plus, la concession accordée le 17 juillet 2025 par l’OFT n’a pas respecté le tracé initial préconisé par M. Corboud, qui permettait de contourner le site et d’éviter des atteintes à ce patrimoine mondial.
2. Un projet conçu pour des intérêts privés Ce projet a été initié par la banque privée Lombard Odier, pour le confort de ses employés qui rejoindront prochainement leur nouveau siège à Bellevue. Il s’agit d’un projet dicté par des intérêts privés, sans réelle utilité publique, financé en grande partie par les communes et donc par les contribuables genevois. Le Conseil d’État admet que les 10 navettes quotidiennes fonctionneront exclusivement aux heures de bureau de 5h55 à 9h25 et de 16h58 à 20h25 avec un départ toutes les 45 minutes. Ces horaires montrent clairement qu’il s’agit d’une ligne pendulaire, conçue pour les trajets domicile-travail, et non d’un véritable service public au service de toutes et tous.
3. Une localisation inadéquate et inadaptée Corsier-Port est éloigné des bassins de population et mal desservi par les transports publics. Le débarcadère est en outre inaccessible aux personnes à mobilité réduite, l’accès se faisant par un chemin en pente raide. La mise en place de la Voie Bleue met également en péril les activités nautiques de la baie – voile, aviron, baignade, paddle – qui font partie intégrante de l’identité et du cadre de vie de Corsier-Port. Le Conseil d’État reconnaît lui-même qu’aucune mesure concrète n’a été prévue pour garantir l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Il admet que la pente de 400 m, avec une déclivité de 6,3 % et des chicanes, rend l’accès « excessivement difficile, voire impossible » pour ces personnes. Comment, dès lors, présenter la Voie Bleue comme un service public financé par les contribuables, alors qu’elle viole manifestement les principes d’accessibilité et la LHand ? Par ailleurs, la commune de Cologny s’est dite favorable à accueillir la Voie Bleue sur son territoire ; il est donc difficile de comprendre pourquoi cette alternative, plus adaptée, n’a pas été retenue.
4. Une aberration écologique Alors que Genève s’engage pour la réduction des émissions de CO₂, la CGN prévoit un bateau au diesel, consommant 64’000 litres de carburant par an et rejetant 171 tonnes de CO₂ par année. Un non-sens écologique, porté par un greenwashing de la banque avec des allégations trompeuses. Un bateau électro-solaire aurait beaucoup plus de sens au niveau écologique et en termes de durabilité.
5. Un gouffre financier pour les communes La garantie de déficit, portée par 12 communes genevoises, s’élève à 1,25 million CHF par an, financée par les contribuables, pour une fréquentation estimée à seulement 12,5 passagers par traversée.
6. Une inauguration scandaleuse L’inauguration de la Voie Bleue est déjà prévue pour le 15 septembre 2025, alors que le trajet autorisé ne respecte pas les conditions nécessaires pour préserver l’intégrité du site palafittique. Une ouverture dans ces conditions est inacceptable.
7. Une gratuité artificielle au frais des contribuables La CGN annonce une gratuité jusqu’au 24 décembre 2025 pour attirer artificiellement les usagers pour masquer l’absence d’intérêt réel pour cette ligne. Cette opération, financée par l’argent public, illustre l’absurdité totale d’offrir un service polluant et destructeur de patrimoine aux frais des contribuables.
8. Une manœuvre anti-démocratique à Corsier Le Conseil d’État reconnaît par ailleurs que le nouvel exécutif et le Conseil municipal de Corsier sont officiellement opposés au projet et que cette position a été transmise à l’OFT. Pourtant, il balaie cet élément démocratique fondamental sous prétexte que la commune ne participe pas au financement. Comment justifier que la voix officielle des autorités élues de Corsier, appuyée par la population, soit purement et simplement ignorée ?
9. Une gestion lacunaire du patrimoine palafittique Le Service cantonal d’archéologie a prévu un monitoring semestriel du site palafittique et promet une suspension immédiate de la ligne en cas de dégradation. Mais comment croire à cette promesse alors que la concession a déjà été accordée en violation des recommandations initiales de protection et que les critiques scientifiques de l’archéologue Pierre Corboud ont été écartées ?
Nous demandons : § L’abandon immédiat du projet « Voie Bleue » à Corsier-Port, dont les justifications officielles en matière d’accessibilité, de finances et de patrimoine sont insuffisantes et contradictoires. § La relance d’un projet lacustre écologique, transparent et d’intérêt public, utilisant des bateaux propres intégrés à Unireso. § Le choix d’un débarcadère mieux situé et accessible (Tour Carrée, Port-Noir) afin de protéger le site palafittique et de répondre réellement aux besoins de la population. § Le respect de la volonté démocratique des Corsiéroises et Corsiérois, dont l’exécutif et le Conseil municipal ont exprimé clairement leur opposition. _______________________________________________________________________ Conclusion : En signant cette pétition, nous réaffirmons notre opposition à la Voie Bleue imposée à Corsier-Port. Les réponses du Conseil d’État confirment ses failles majeures : absence d’accessibilité, menace pour le patrimoine UNESCO, dépendance aux subventions et mépris de la volonté communale. Pour l’Association des intérêts de la Commune de Corsier Kira Andreasson – 076/571.91.42 36, Route de l’Église, 1246 Corsier
KIRA ANDREASSON Contacter l'auteur de la pétition